Des pirates dans la poche
Jeux vidéo. Certains systèmes de piratage sont mis à profit par des développeurs indépendants pour améliorer les fonctions des consoles
À l’image de l’industrie musicale ou du
cinéma, les principaux acteurs économiques du monde du jeu vidéo mènent une
lutte acharnée contre le piratage. À chaque génération de consoles sont
développés de nouveaux systèmes de protection, et à chaque fois les
bidouilleurs prennent un malin plaisir à trouver des failles inédites,
logicielles ou matérielles. Souvent, il s’agit de puces électroniques à souder
au microprocesseur de la console. Une technique efficace mais peu rassurante
qui a souvent freiné les ardeurs des joueurs. Avec les dernières générations de
machines _ en particulier les portables _, les techniques ont évolué et le
piratage est devenu un jeu d’enfant pour qui dispose d’une connexion à
Internet. Lecteur multimédia. Il n’est qu’à observer la petite DS de Nintendo : une simple cartouche glissée à l’emplacement réservé habituellement aux jeux suffit pour accéder gratuitement à des milliers de titres disponibles en téléchargement _ illégal _ sur le Web ! Ces « kits » pour DS, vendus de 30 à 100 euros selon les modèles, proviennent généralement d’Asie. On les trouve sous les noms de DS Linker, NinjaPass, Supercard ou encore CycloDS, chacun propose une capacité de stockage variable pouvant atteindre plusieurs gigas ! De quoi stocker des centaines de jeux, mais aussi des fichiers textes, des vidéos ou des MP 3. Car s’ils participent au piratage, les « linkers » améliorent également les fonctionnalités de la console en incluant des lecteurs de musique, de films ou même d’albums photos. L’utilisateur transforme alors sa machine portable en lecteur multimédia complet sans sombrer pour autant dans l’illégalité !
Communauté active. Au-delà du grand public, les « linkers »
attirent de nombreux développeurs indépendants qui développent désormais des
applications originales (« homebrew »), non commercialisées mais librement
téléchargeables sur Internet : minijeux, synthétiseurs, traitements de texte,
lecteurs de bande dessinée, applications en Wi-Fi ou émulation du système
d’exploitation Linux… Souvent collectifs, ces projets sont en développement
permanent à mesure que s’améliorent les techniques et les « linkers ».
Les fabricants de consoles et les éditeurs
de jeux vidéo observent discrètement ces communautés actives qui leur servent
parfois d’inspiration ou de lieu de recrutement. D’ailleurs, les dernières
générations de consoles Xbox360 et Playstation 3 s’ouvrent officiellement aux
amateurs avec la possibilité de créer et développer légalement des jeux
indépendants, vendus à prix modique via Internet. Un procédé intelligent pour
remettre les pirates dans le droit chemin tout en s’assurant la fidélité et le
talent des créateurs indépendants.





