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L’ultraportable à la portée de (presque) tous

INFORMATIQUE. Lancé en janvier en France, le netbook, PC miniature aux fonctionnalités limitées mais davantage sophistiqué et qui gagne en puissance, séduit un public de plus en plus large. Explication

Le succès de l’ultraportable

ultraportableOn les appelle des netbooks et leur intrusion sur le marché des micro-ordinateurs prend l’allure d’un chien dans un jeu de quilles tant ils bouleversent la donne commerciale. Ces portables très compacts sont, en quelques mois, à peine passés dans les mœurs et seront, c’est certain, les stars numériques de la rentrée et des fêtes de fin d’année. SFR avait ouvert la voie au mois de janvier avec l’EeePC du fabricant taïwanais Asus qui se taille un succès planétaire. Orange lui emboîte le pas et se lance à son tour dans la bataille des ultraportables avec un mini PC à peine plus grand qu’une demi-feuille A4, à 349 euros, l’Akoya E1210, produit par l’Allemand Medion. Hormis les modèles « entrée de gamme », ces minis, pour paraphraser la publicité, ont tout des grands question autonomie et performance, mesurées, bien sûr, à l’aune de leur format de poche : kit de connexion Livebox, kit Internet Everywhere pour se connecter avec la clé 3G à l’extérieur, technologie Intel, système d’exploitation Windows XP pour le dernier-né d’Orange.
Pour Internet. Le netbook prend le contre-pied de la course aux performances qui caractérise le marché de l’informatique grand public depuis sa naissance. Il parie sur le fait que de nombreux utilisateurs se limitant à quelques applications, un produit qui cible au mieux ces attentes, avec un prix lui aussi resserré, trouverait sa place sur le marché. Bien vu. Selon l’Institut Gartner, qui vient de réaliser une étude sur ces nouveaux produits numériques, ils séduisent deux types d’utilisateurs : des non-professionnels, notamment des jeunes, qui s’en servent comme machine principale pour surfer sur Internet ou faire de la prise de notes en cours, et ceux qui y recourent comme machine d’appoint, pour travailler lors de leurs déplacements ou à la maison.
« Au départ, l’ultraportable a été conçu comme un produit économique pour les jeunes ou les primo-accédants à l’informatique, mais très vite il a conquis un public plus large en raison de ses aspects pratiques. C’est parfait, par exemple, pour un commercial en déplacement qui peut lire ou envoyer un devis. Cela dit, ça reste un produit de niche et en aucun cas un vrai ordinateur avec toutes les potentialités de ce dernier. Il a avant tout un usage de messagerie, d’où son nom de netbook », explique Jean Etcheverry, vendeur spécialisé en micro-informatique à la Fnac de Pau.
Plus sophistiqué. Plus que sommaire au début, le netbook est, en quelques mois, devenu nettement plus sophistiqué. L’écran 7 pouces (17,8 cm de diagonale) a tendance à disparaître au profit des 10 voire 12 pouces (30 cm), ce qui autorise également une meilleure qualité d’écran. Il a aussi tendance à gagner en puissance mais, à l’instar de ce qui se passe dans l’automobile, les constructeurs doivent tenir compte d’un ensemble de facteurs incontournables tels que le prix et le poids, toute dérive pouvant pénaliser voire disqualifier le produit par rapport à ses concurrents. Il faut donc déterminer jusqu’où ne pas aller trop loin, ni dans la sophistication ni dans la miniaturisation.
En fait, le concept de l’ultraportable n’est pas nouveau. Tous les grands de la micro développent depuis une dizaine d’années des produits dans cette catégorie mais en haut de gamme, comme le Vaio Z de Sony à 2 000 euros. La nouveauté réside dans le parti pris d’un produit aux moindres performances mais à bas coût, les low cost, comme les définissent les professionnels. Le disque dur n’est plus incontournable et peut être remplacé par un autre type de mémoire non volatile, la SSD, sorte de carte mémoire comparable à celle des appareils photo mais à très grande capacité. Les équipements de série sont aujourd’hui suffisants sur la plupart des modèles aussi bien pour lire des vidéos HD que des DivX, des DVD ainsi que des formats audio compressés.
Quelle autonomie ? Un autre élément à regarder de près est celui de l’autonomie. Certains netbooks n’ont pas plus de deux heures alors que d’autres ont jusqu’à six heures. « Il ne faut pas s’arrêter à la capacité, il faut aussi prendre en compte la puissance de la batterie », conseille Tony, un étudiant en médecine bordelais, adepte de l’ultraportable.
Si elle permet de balader ce miniportable dans une sacoche voire un sac à main, la miniaturisation a aussi son revers de la médaille, notamment la piètre ergonomie du clavier. Difficile, il est vrai, de caser 80 touches dans quelques centimètres carrés sans les coller les unes aux autres et en réduire la taille, ce qui rend le toucher malaisé. Toutefois, il paraît qu’au bout de deux jours on s’y habitue très bien…
Un inconvénient qui ne rebute pas les utilisateurs ; Gartner prédit qu’il s’en écoulera plus de 5 millions cette année, 8 millions l’année prochaine pour arriver à un parc de 50 millions d’unités d’ici à 2012. À cette échéance, le netbook pourrait bien avoir cannibalisé le marché des PC ultraportables et peut-être même des portables s’il gagne en performances et en fonctionnalités.

Marie Vasquez

 

 

3 septembre 2008 - Aucun commentaire
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